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ARTICLE DE LA RUBRIQUE : CULTURE  
 

Quatre femmes peintres de l’avant-garde à l’honneur à Villefranche-sur-Saône



Par Laure BRUMONT

VILLEFRANCHE-SUR-SAÔNE (AFP) - Quatre femmes peintres de l’avant-garde (1900-1930), surtout connues pour avoir été liées à des artistes en vogue mais ignorées des critiques, sont mises à l’honneur au musée Paul-Dini de Villefranche-sur-Saône (Rhône). L’accent est tout particulièrement mis sur Emilie Charmy (1878-1974), compagne du peintre Charles Camoin et célébrée par Colette, car, selon l’écrivain, son art "luit pour la joie de tous" et son pinceau "est guidé par une lucide passion".

"C’est grâce à l’un des tableaux de Charmy, +Piana, Corse+, qui appartenait à la collection permanente du musée et que j’ai tout d’abord pris pour un Derain, que j’ai voulu faire cette exposition", explique Sylvie Carlier, conservatrice du musée Paul-Dini. "En faisant des recherches, je me suis rendue compte que presque rien n’avait été écrit sur elle et que son oeuvre n’avait jamais été exposée", ajoute la responsable. D’ailleurs, la grande majorité des tableaux de Charmy que l’on peut admirer à Villefranche provient de collections particulières.

Originaire de la bourgeoisie de Saint-Etienne, Emilie Charmy s’installe à Lyon où elle suit des cours privés de peinture, les femmes étant à l’époque interdites d’entrée aux Beaux-Arts. Puis, elle monte à Paris où, très vite, elle côtoie les milieux artistiques, et notamment le groupe des Fauves.

"Sa peinture est très moderne, pleine d’audace", souligne Sylvie Carlier. Ses nus, débordants de sensualité, sont autant d’autoportraits très troublants de la peintre qui n’hésite pas à se mettre en scène enceinte ou après l’amour.

A ses côtés, trois autres femmes qui gravitent dans les mêmes sphères artistiques du Paris de l’avant-garde, quand les quartiers de Montparnasse et Montmartre abritaient Matisse, Picasso, Degas, etc.

Les tableaux de Suzanne Valadon (1865-1938), surtout connue pour avoir été la mère de Maurice Utrillo, débutent l’exposition, qui comporte en tout 110 oeuvres, dont quelques dessins et estampes.

A la délicatesse et la sensualité des tableaux de Valadon, succèdent les grandes toiles très colorées d’une autre autodidacte, Jacqueline Marval (1866-1932), proche des Nabis et des impressionnistes, et louée en son temps par Guillaume Apollinaire.

"Très élégante, Marval est la compagne du peintre Jules Flandrin. Tous deux découvrent le Pays basque et les tableaux qu’elle peint là-bas sont empreints d’une vraie délicatesse, avec un sens très rythmé des couleurs", souligne la conservatrice du musée de Villefranche.

Pour beaucoup, Georgette Agutte (1867-1922) n’est, quant à elle, "que" l’épouse d’un homme célèbre, le député socialiste Marcel Sembat. Sculptrice de formation, elle a pourtant inventé une technique, celle du fibrociment, qui accentue le côté mat de ses tableaux, proches de ceux de Signac.

"C’est incroyable que ces femmes soient presque oubliées aujourd’hui. Cette exposition est une façon de les redécouvrir, pas de les réhabiliter, hors de toute démarche féministe", conclut Mme Carlier.

"Les femmes peintres et l’avant-garde, 1900-1930". Jusqu’au 11 février 2007. Musée Paul-Dini à Villefranche-sur-Saône. Renseignements au 04.74.68.33.70 ou www.paul-dini.com




 
 
 
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