Le président de la Commission de l’Union AFricaine (UA), Alpha Oumar Konaré (photo) a "condamné fermement" samedi dans un communiqué publié samedi, les attaques menées par des rebelles contre la ville d’Abéché, dans l’est du Tchad.
"Le Président de la Commission de l’UA est très gravement préoccupé par les mouvements de groupes armés en direction de la ville d’Abéché, au Tchad", indique le texte demandant "instamment aux groupes armés de mettre un terme immédiat à leurs attaques".
Il "condamne fermement ces attaques contre le Tchad qui sont une violation flagrante des principes énoncés dans l’Acte constitutif de l’UA, y compris le respect de l’intégrité territoriale et de l’unité de ses Etats membres, et constituent une tentative inacceptable de prise du pouvoir par des moyens anticonstitutionnels", ajoute le texte.
Des combats ont éclaté samedi matin entre les rebelles tchadiens de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) et l’armée autour d’Abéché, à 700 km à l’est de N’Djamena, la capitale tchadienne.
Comme il y a six mois lors de l’offensive repoussée du Front uni pour le changement (Fuc) devant N’Djamena, le Tchad a accusé le Soudan de soutenir la rébellion, ce que Khartoum a catégoriquement nié.
M. Konaré "condamne tout aussi fermement les attaques perpétrées contre la Centrafrique, ainsi que l’occupation de certaines localités de ce pays par des groupes armés", poursuit l’UA.
Le Président de la Commission, prônant une nouvelle fois le dialogue entre les gouvernements et les rébellions de ces deux pays, "lance un appel à tous les Etats membres de l’UA pour qu’ils fassent montre d’une solidarité agissante et urgente à l’endroit du Tchad et de la Centrafrique, conformément aux principes de l’UA".
Vendredi soir déjà, l’UA avait appelé les autorités du Tchad et du Soudan à maintenir "un dialogue permanent" et exprimé sa "préoccupation" face à la tension entre ces deux pays.
Le Tchad et le Soudan s’accusent mutuellement de soutenir des rébellions qui leur sont hostiles. Leurs présidents, Idriss Deby Itno et Omar el-Béchir, se sont rencontrés mardi à Tripoli pour tenter d’aplanir leurs différends.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a fait part mercredi de sa "profonde inquiétude" concernant la détérioration de la situation aux frontières de la Centrafrique, du Tchad et du Soudan dans la région du Darfour.
L’ONU estime à plus de 200.000 les Soudanais qui ont fui la guerre civile dans la province soudanaise du Darfour pour se réfugier au Tchad et à plus de 50.000 les Tchadiens frontaliers déplacés dans leur pays du fait du débordement de ce conflit. Les chiffres concernant la Centrafrique ne sont pas connus.