Le système de valeurs d’une société est avant tout un choix de société. Il est par essence changeant et relatif et nous en sommes tous, co-créateurs. Nous pouvons très bien choisir un avenir différent en prenant appui sur des valeurs différentes de celles qui eu cours dans notre société jusqu’à ce jour. Pour y parvenir, il nous faut recourir à une éducation de tous, différente de l’éducation pour tous.
La reconstruction de la société congolaise passe par la considération des sciences de l’éducation.
*Samuel MAWETE Avant-propos de l’auteur
« Nous vivons au Congo, dans les décombres d’une déconstruction des valeurs dont les conséquences sont incalculables et se ressentent par le taux élevé de mortalité, une dépendance alimentaire, une marginalisation de nos élèves et étudiants aux nouvelles techniques d’information et de communication, une détérioration de l’environnement, un système éducatif décadent.
Il est évident que non éduqués, les enfants et les adultes congolais sont condamnés à un avenir de pauvreté et de violence parce que non équipés pour contribuer à la reconstruction de la société. Faut-il rappeler que l’un des objectifs du Millénaire pour le développement a été « réduire la moitié de l’extrême pauvreté » ? Et dans cette optique, l’éducation a été considérée comme un instrument crucial pour y parvenir à moyen et à long terme. Il est également évident que si l’on veut modifier les comportements, promouvoir la cohésion sociale et réduire la pauvreté, il faut faire de l’éducation, une réalité.
Malheureusement notre éducation reste factuelle. Elle se borne à l’instruction. Au Congo, on enseigne, on instruit mais on n’éduque pas. L’éducation ne prend pas en compte les valeurs. Elle inculque un savoir. Elle ne revient pas sur les décisions fondamentales qui sont à l’œuvre dans une société. Elle dit très peu de choses sur le système des valeurs de la société, alors même que celui-ci ne doit pas jamais être accepté comme fait, puisqu’il relève de choix résultant de jugements moraux.
Une éducation intelligence, au contraire, doit être fondée sur les valeurs et pas seulement sur les faits. Elle prend soin d’attirer très tôt l’attention sur le système des valeurs. L’éducation traditionnelle le savait et c’est pourquoi on se servait admirablement des contes, des légendes, des histoires populaires.
Le système de valeurs d’une société est avant tout un choix de société. Il est par essence changeant et relatif et nous en sommes tous les co-créateurs. Nous pouvons choisir un avenir différent en prenant appui sur des valeurs différentes de celles qui ont cours dans le passé.
Allons plus loin dans l’éducation de l’homme, si nous voulons pour le futur, une société congolaise différente, si nous voulons une société plus libre, plus heureuse, plus respectueuse de la vie. »
L’auteur - Samuel Mawété
*Samuel MAWETE est Maître Assistant (CAMES) à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville. Premier Docteur d’Etat en Sciences de l’Education au Congo. Il est Président du Conseil d’Administration de la Faculté de théologie protestante de Brazzaville, membre de la Chaire de l’UNESCO en Sciences de l’Education de l’ENS (Ecole Normale Supérieure) de Brazzaville. Ses recherches actuelles portent sur les questions d’éducation, d’élaboration et d’évaluation des curricula. *
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