Le Congo condamné à rembourser des milliards ! Le tribunal de Paris a ainsi tranché. Les autorités congolaises obligées à rembourser 65 millions de dollars à un « Fond vautour ». Dans notre dernière livraison, nous faisions état d’un recours en cassation introduit par les autorités congolaises face à ses créanciers, débaptisés « fonds vautours ». Décidément les autorités congolaises n’ont pas de chance devant les tribunaux français. Après l’échec sur l’annulation de la procédure des disparus du beach, un autre verdict vient clouer le Congo à la même Cour de Cassation de Paris.
La Cour de Cassation de Paris devait se prononcer si la SNPC était une émanation de l’Etat congolais ou non. L’enjeu était de taille car plus de 6,5 millions de dollars américains étaient en jeu.
Le 06 février 2007, cette Cour a donné raison aux créanciers du Congo, précisément à Walker International et Af. Cap. Pour elle, la SNPC est bel et bien l’émanation de l’Etat congolais. Les avocats Bachelier et Poitier de la Varde ont ainsi triomphé de ceux de la SNPC, Monod et Colin, Delaporte, et Briard et Trichet. Walker International compte donc immédiatement récupérer 65 millions de dollars prêtés aux autorités congolaises en saisissant les cargaisons de pétrole de la SNPC et, pourquoi pas, les comptes bancaires de certaines autorités. Et comme un malheur ne vient jamais seul, la procédure américaine de RICO suit aussi son cour normal. D’ici quelques jours, la justice américaine devra statuer sur la requête de Kensington contre la SNPC et les autorités congolaises.
L’enjeu est là aussi de taille, car il s’agit du pétrole et des comptes bancaires du Congo. Du côté du Trésor français, les nouvelles ne sont guère reluisantes. Le régime est dans le collimateur.
Dans un rapport distribué aux gouverneurs des banques centrales africaines, Emmanuel ROCHER, un de la direction du service de la zone Franc au sein de la Banque de France, a affirmé que de tous les pays en développement, le Congo court les risques de re-endettement après l’annulation de sa dette. Il a déjà lancé quelques signaux dans ce sens en décembre 2005 et juin 2006, en empruntant 552 millions de dollars et 32 millions de dollars aux chinois. Il faut rappeler qu’en décembre 2004, le Congo avait bénéficié d’une annulation de la dette du Club de Paris et d’une facilité du FMI de 81,3 millions de dollars. Malgré tout, la dette est restée en 2005 à un niveau insoutenable de 120%. Le Congo n’est donc plus en odeur de sainteté en France malgré les assurances données par Jacques Chirac à son ami Président Denis Sassou Nguesso.
Dans tous les cas, le Président français étant sur le point de partir, c’est une tout autre page des relations entre la France et l’Afrique. Nicolas Sarkozy très opposé à Chirac depuis son passage aux côtés de Balladur n’est certainement pas d’humeur à pérenniser la tradition focardienne.
Du côté de Ségolène Royal, sa réelle méconnaissance de l’Afrique (à part le Sénégal) est un atout pour les aspirations africaines à la démocratie. Ne parlons pas de Bayrou ou de Jean Marie Le Pen. Serait il temps pour l’hexagone de se débarrasser des dictatures africaines ?
En tout cas, les faits que rencontre le Congo ces derniers temps montrent que « L’amitié entre deux Présidents ne peut supplanter pour longtemps l’amitié entre les peuples ».
Robert Gaillard