Le mardi 13 mars le président de la Cour d’appel a pu voir Brice Mackosso et Christian Mounzéo, ce qui n’était pas le cas il y a deux semaines. En effet mardi... les deux activistes des droits de l’homme étaient présents dans la salle d’audience lorsque le juge a déclaré que l’affaire était ajournée parce que les deux hommes étaient... absents. Du mauvais théâtre de boulevard. Lorsque l’avocat de ces derniers, Me Laurent Ngombi s’est levé pour protester et signifier que ses deux clients étaient bel et bien présents dans la salle et qu’on pouvait même les toucher, la réponse du juge fut renversante : « c’est trop tard.
La décision d’ajourner a déjà été prise et communiquée. On ne peut donc plus revenir en arrière », asséna-t-il.
L’audience du 13 mars était frustrante pour d’autres raisons. En effet, le procureur avait pris soin de... retirer du dossier judiciaire en appel deux pièces importantes : la décision « d’avant dire droit » qui interdit aux deux hommes de voyager ; l’appel contre cette décision faite par Me Malonga. De cette manière on ne put discuter de l’assignation à résidence déguisée de Mackosso et Mounzéo car juridiquement et techniquement le problème... n’existe pas. Par conséquent il n y a pas lieu de discuter et encore moins d’apporter une solution à cette affaire qui n’existe pas : les prévenus se voient brandir une interdiction de voyager dans les aéroports mais devant le tribunal cette décision du procureur n’existe pas...
Cette situation semble taillée sur mesure pour l’accusateur William Bouaka, lequel se présente comme le président de la RPDH, un poste occupé avant et après le déclenchement de cette farce judiciaire par Mounzéo. L’accusateur ne semble plus guère s’intéresser à cette affaire car il a été désigné à un poste. En effet, le 1er mars s’est tenue au cabinet du Premier ministre une réunion de l’ITIE à laquelle M. Bouaka était convié en lieu et place de ses deux anciens collègues : il a été nommé au comité de pilotage de l’ITIE au niveau national, un poste qui revenait à Christian Mounzéo en tant que représentant de la coalition PCQVP dans le processus national de l’ITIE. Même si le nouveau venu n’est pas reconnu par les instances de la coalition internationale PCQVP qui a publié un communiqué pour en informer les autorités congolaises (lire le communiqué de presse).
Le report de l’audience à la date du 10 Avril (c’est un hasard) va sûrement poser un problème car la présidence de l’ITIE attend Christian Mounzéo à la réunion du comité international de l’ITIE qui doit se tenir le... 11 avril. Le président de l’ITIE, Peter Eigen, qui est au courant de toutes les manipulations des autorités congolaises a écrit tout récemment au Premier ministre pour signifier qu’il était préoccupé par les absences de Mounzéo aux réunions de l’ITIE sur le plan international. Celui-ci a terminé sa missive par un conseil gratuit : « réglez cette question sur le plan national pour que le 11 avril nous évitions de discuter de l’exclusion du Congo du processus de l’ITIE. »
Le président de l’ITIE a aussi respectueusement expliqué au Premier ministre que cette « foutaise » judiciaire ne représentait pas un argument pour écarter Brice Mackosso et Christian Mounzéo du comité de pilotage de l’ITIE (lire la lettre de Peter Eigen).
Après l’exclusion du Congo du Processus de Kimberley pour avoir vendu des diamants de contrebande, on s’achemine sûrement vers une exclusion de notre pays du processus de l’ITIE. Comme pour le processus de Kimberley, voici un sujet qu’on risque de retrouver dans les messages du Président Sassou lors des discours à la nation. Il expliquera alors aux Congolais que des efforts sont effectués pour réintégrer le Congo au sein du processus...
Correspondance de Pointe-Noire
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