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ARTICLE DE LA RUBRIQUE : SANTE  
 

Nigeria : 11 ans après, Pfizer se défend bec et ongles...



Après le dépôt de plainte du gouvernement fédéral nigérian qui accuse le laboratoire Pfizer d’avoir utilisé un médicament contre la méningite, sans autorisation des autorités locales, Yannick Plétan, vice-Président médical de Pfizer France est revenu aujourd’hui sur les conditions de réalisation de cet essai clinique.

L’affaire remonte à... 1996. Une « gravissime » épidémie de méningite à méningocoque sévit au Nigeria. Plus de 16 500 personnes y perdront la vie. A cette époque, un antibiotique de Pfizer - la trovafloxacine- était en dernière phase de développement clinique.

« Face à une épidémie de cette ampleur, nos équipes se sont déplacées au Nigeria » explique Yannick Pletan. « La molécule, qui il est vrai n’avait pas encore le statut de médicament, avait déjà fait l’objet d’une évaluation réalisée sur 5 000 patients, adultes et enfants aux Etats-Unis, en Europe et au Japon . L’objectif de cette étude était de déterminer si cette molécule était aussi efficace que la ceftriaxone, qui à ce moment, constituait le gold stantard ». Autrement dit, le traitement de référence.

Au total, deux cent patients -deux groupes de 100- ont été inclus dans cette étude. Résultat, d’après Pfizer, la trovafloxacine a permis d’obtenir un taux de survie de 94,4%, légèrement plus élevé que celui de la ceftriaxone (93,8%). « La trovafloxacine s’est donc montrée aussi efficace ». Le « précédent » des autorités de l’Etat de Kano

Au-delà des accusations concernant l’éthique de l’étude, le gouvernement du Nigeria insiste dans sa plainte, sur le fait que cet essai aurait entraîné la mort de 11 enfants et provoqué des lésions cérébrales, des paralysies, des surdités, des troubles de la parole chez d’autres. Comme le souligne Yannick Plétan, il s’agit là de séquelles classiques de la méningite.

Pour Yannick Plétan, « Pfizer a mené cet essai tel qu’il aurait dû le mener. Sur le plan de la recherche clinique et médicale, tout ce qui devait être fait, l’a été. Je suis vraiment étonné que 10 ans après, on revienne faire un procès. Des recherches d’intentions financières ne doivent pas être occultées ».

Les autorités musulmanes de l’Etat de Kano se retrouvent donc une nouvelle fois à la Une de l’actualité. Rappelez-vous, début 2004, ce sont elles qui ont interrompu les campagnes de vaccination contre la poliomyélite. A l’appui de cette décision, elles avaient brandi la menace imaginaire d’une contamination intentionnelle au VIH-SIDA par les intérêts américains. Une décision catastrophique. L’effet direct de cette opération de propagande a été la ré-infection de 14 pays africains qui était jusque-là exempts de circulation du virus de la poliomyélite.




 
 
 
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